
La librairie Sauramps, institution montpelliéraine fondée en 1946, va fermer ses portes après avoir été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Montpellier. L’enseigne, qui employait 54 salariés répartis entre le magasin du Polygone à Montpellier et la boutique d’Alès, était en redressement judiciaire depuis la mi-juin. L’activité, déjà fragilisée par des difficultés financières récurrentes depuis le milieu des années 2010, s’arrête l’année même où la librairie fêtait ses 80 ans.
La procédure de redressement, ouverte le 15 juin à la demande du propriétaire et actionnaire unique, l’architecte François Fontès, visait à tenter de sauver l’entreprise. Confrontée à une cessation de paiements, Sauramps n’était plus en mesure ni de régler ses dettes ni de commander de nouveaux livres. Fin mai, le propriétaire assurait pourtant ne pas vouloir « laisser tomber Sauramps » et disait souhaiter rester dans une partie des locaux qu’il détient. Mais aucun projet viable n’a émergé : aucune offre de reprise ni plan de continuation de l’activité n’a été déposée devant le tribunal.
Ce dernier rendez-vous judiciaire a donc entériné ce que salariés et acteurs du dossier craignaient depuis plusieurs semaines : l’arrêt immédiat de l’activité et la fermeture des deux librairies de Montpellier et d’Alès. À la sortie de l’audience, les représentants du personnel décrivent une décision vécue « comme une chape de plomb » qui s’abat sur l’équipe. Les rayons de plus en plus clairsemés ces derniers jours dans le centre-ville laissaient déjà présager l’issue. Début juin, les salariés dénonçaient aussi le manque de lien direct avec leur propriétaire, estimant que de ses décisions dépendait leur avenir.
Sur les réseaux sociaux, l’équipe de Sauramps a fait ses adieux à sa clientèle, saluant les lectrices et lecteurs « de tous âges, de tous horizons » qui ont fréquenté la librairie au cours des dernières décennies. Le message souligne le travail des libraires, qui ont partagé au quotidien leurs coups de cœur « avec passion ». Au-delà des emplois menacés, cette liquidation marque la disparition d’un acteur majeur de la vie culturelle montpelliéraine et d’une figure centrale du commerce du livre indépendant dans la région.